HISTORIQUE

ANYMA est issue de la rencontre, en 1993, entre l’équipe de l’aumônerie et le personnel médical du Centre Hospitalier Universitaire «Joseph Ravoahangy Andrianavalona» d’Antananarivo (HJRA). Le professeur Joël et son équipe de médecins réanimateurs, le père Tiersonnier et les membres de l'Aumônerie, Sœur Anne-Claire Esquillan et les assistantes sociales, en étaient les fondateurs.
ANYMA œuvre sur Madagascar pour faciliter la relation entre soignants et soignés, aider les familles des malades en difficulté, promouvoir et améliorer les services médico-sociaux de l’Hôpital JRA.

Sœur Anne-Claire Esquillan naît en France, à Saint Jean le Blanc dans le Loiret. Elle fait ses études d’infirmière à Orléans et débute comme infirmière en pédiatrie. Elle quitte le CHR d'Orléans pour entrer chez les Sœurs de la Providence de Ruillé sur Loir (Sarthe). Après la prononciation de ses vœux en juillet 1967, elle exerce dans le service de chirurgie de la clinique du Pré, au Mans.
Cette expérience lui sera très utile à Madagascar où elle arrive le 22 octobre 1970, à Mandritsara, au Nord-Est du pays.
Après 13 ans à Mandritsara, elle passe 3 ans à Mahajanga, au Nord-Ouest de l’île. Depuis lors, elle travaille à l’HJRA à Antananarivo.

En 1989, Sœur Anne-Claire est chargé de l’Aumônerie de l’HJRA. Constatant le dénuement de certaines familles, elle y organise un service social.

En 1990, à la demande de l’hôpital et pour parer au manque crucial de médicaments, elle ouvre, au sein de l’hôpital, un petit centre de distribution de médicaments pour les indigents. Les élèves de l’Ecole Sociale renforcent l’équipe permanente.

En 1993, des personnels de santé et des familles de malades se joignent à l’équipe et constituent l’Association ANYMA, apolitique et non confessionnelle, qui est déclarée à Madagascar et enregistrée en juin 1993.

En 1996, la nouvelle Présidente d’ANYMA est Angeline Ramialiharisoa, professeur en toxicologie et chef du service de réanimation médicale de l’hôpital. Avec Sœur Anne-Claire, elle met en place une pharmacie d’urgence.

Le 15 mars 1999, le Ministre de la Santé confie à Sœur Anne-Claire la concession de la gestion de la pharmacie de l’HJRA. A cette date, l’équipe constituée est là depuis 10 ans, 365 jours par an et 24h/24.

En 2005, l’Etat malgache reconnaît les mérites de Sœur Anne-Claire en lui décernant la Médaille d’Officier de l’Ordre National Malgache. Sœur Anne-Claire est en effet douée d’une énergie peu banale, d’un charisme qui ne laisse personne indifférent, d’une patiente obstination et d’un dévouement sans bornes à la population malgache dont elle parle la langue et se sent solidaire.

En 2006, l’association ANYMA change de statuts pour devenir l'ONG ANYMA.


PRESENTATION DE L’O.N.G. ANYMA

Création : L’ONG est agréée par l’Etat malgache par arrêté N° 02/06 du 11 octobre 2006.
N° d’immatriculation : 003. N° fiscal : 00 2880660

Siège : HJRA – Ampefiloha
B.P. 4150 - 101 ANTANANARIVO
Tél/Fax : (261) 22 328 49
Adresse électronique : aclaire@moov.mg

Objectifs :

- Valoriser la relation soignants – soignés
- Accompagner les familles des malades et les cas sociaux
- Aider les services de santé publique de Madagascar
- Renforcer les capacités du personnel de santé et d’aide sociale

Membres : Toute personne soucieuse d’aider celles et ceux qui souffrent (médecins, personnel paramédical et soignant, religieux, familles de malades).

Conseil d’Administration :

Présidente : Professeur Florine JOSOA RAFARAMINO

 


« LA SITUATION ACTUELLE A MADAGASCAR »

Les services hospitaliers spécialisés sont implantés presque exclusivement dans la capitale et, en raison de l’état du réseau routier, Antananarivo est souvent à plusieurs jours de route du domicile des malades. Les trajets sont coûteux : le carburant est aussi cher qu’en France pour un salaire moyen de 50 € par mois.

Seuls les actes médicaux sont pris en charge par l’hôpital. En l’absence de système de protection sociale, la famille du patient hospitaliser doit payer les médicaments, le petit matériel médical ou chirurgical, les actes d’imagerie médicale, les pansements, les perfusions…

L’hôpital n’a ni aides soignants ni agents hospitaliers. La famille doit assurer les soins quotidiens, la toilette, la nourriture, l’entretien du linge, le brancardage d’un service hospitalier à un autre. La présence de membres de la famille est donc nécessaire pendant toute la durée du traitement. Plusieurs membres de la famille (au moins deux) doivent donc accompagner le malade. L’un deux doit rester en permanence auprès d’un patient hospitalisé pour s’occuper de lui, surveiller les perfusions…, tandis que les autres effectuent les autres tâches. La nuit, un seul est autorisé à coucher dans la chambre commune, sous ou parfois dans le lit du malade.

Les familles démunies qui viennent de régions éloignées de la capitale et qui n’y ont pas de relations n’ont d’autre solution que de loger dans l’enceinte de l’hôpital où sont mis à leur disposition, moyennant une contribution financière : un petit préau pour cuisiner, un local attenant non équipé et non chauffé (il gèle parfois l’hiver) où les familles dorment sur une paillasse, un petit lavoir extérieur pour la lessive… et la pelouse pour le séchage du linge – ou dans la rue, dans des conditions d’hygiène déplorables.

Les traitements de longue durée, en particulier en cancérologie, engendrent des conséquences néfastes :

- des lits d’hospitalisation sont occupés inutilement entre les périodes de soins aigus,
- les risques d’infections nosocomiales s’en trouvent aggravés,
- des patients ne peuvent être hospitalisés faute de place,
- les enfants de la famille errent désœuvrés et non scolarisés dans la cour de l’hôpital,
- les patients et leurs familles doivent en situation de vulnérabilité doivent fournir un effort considérable pendant toute la durée du traitement ; leur manque de moyens et d’expérience compromettent la réussite avec parfois pour conséquence l’exclusion du système de soins,
- la famille entière est perturbée et le budget familial est déséquilibré.

Dans ces conditions, de nombreuses familles renoncent à venir faire soigner leur malade ou abandonnent les traitements de longue durée faute de revenus suffisants. Il s’ensuit des décès évitables, notamment chez les enfants. A titre d’exemple, le syndrome de Burkitt, forme de cancer qui n’existe que dans cette partie du monde, n’est curable que si le traitement est suivi pendant toute sa durée (8 mois).

Ces constats sont autant de défis que l’ANYMA s’est attachée à relever.

« ACTIVITES »

ANYMA, abréviation de AROVY NY MARARY qui signifie « protégeons les malades », œuvre en faveur des malades et de leurs familles, plus particulièrement les plus vulnérables :

- suivant le principe du bénévolat,
- sans discrimination de race, de religion ou d'appartenance politique,
- en parfaite cohérence avec les valeurs traditionnelles malgaches de respect sacré de la vie, de promotion, de développement et de préservation du capital social de solidarité,
- et en totale conformité avec l'éthique médicale et le code déontologique.

1 – Activités permanentes

Ces activités sont menées au sein de l’hôpital universitaire JRA à Antananarivo :
Animation dans les chambres d’hospitalisation des enfants et les deux salles de jeux par une animatrice recrutée par ANYMA.
Apport nutritionnel en faveur des enfants hospitalisés :
Distribution quotidienne de bouillie nutritive par le GRET NUTRIMAD, différenciée selon l’âge (une pour les petits, une pour les grands).
Distribution quotidienne de fruits et yaourts par Les Filles du Désert.
Distribution de riz une fois par semaine par le Wednesday Morning Group (au total : 2 tonnes par an).
Appui social aux familles les plus démunies : fourniture de médicaments et de vêtements en cas de besoin.
Avance aux Sociétés qui prennent en charge les frais d’hospitalisation de leur personnel (remboursement sous huitaine par convention).

Ces activités seront poursuivies lorsque le centre social avec foyer d’hébergement sera opérationnel.

L’ONG ANYMA gère par ailleurs, à la demande du Ministère de la Santé, la Pharmacie de l’hôpital, ouverte 24h/24 et 365 jours/an, avec 5 guichets et 30 salariés (1 000 ordonnances par jour !). Une inconnue pèse sur le devenir de cette gestion et des salariés actuels du fait de la création récente de la fonction de pharmaciens hospitaliers d’Etat.

2 – Opérations immobilières et mobilières

Au sein de l’HJRA :

Au fil des ans, ANYMA a pu, grâce à différents partenaires et bénévoles de France et de Madagascar, rénover le service de cancérologie et des urgences (avec la Coopération Française), restructurer la maternité et le service de chirurgie infantile (avec l’Ordre de Malte), installer un centre d’endoscopie (avec l’association des Médecins d’Enghien), améliorer la cuisine et le drainage des eaux usées, aménager l’adductions d’eau au service de cobalthérapie, repeindre les chambres d’enfants et en renouveler les lits et les matelas (avec le Wednesday Morning Group et Inner Well), ouvrir deux salles de jeux dans les services de pédiatrie.

Dans le secteur dit des « 67 ha » :

ANYMA a créé, avec l’aide du Conseil Régional d’Ile de France, un centre médico-social à Betania Ankasina, dans un quartier excentré d’Antananarivo.

3 - Projet de construction d’un centre social avec foyer d’hébergement

Le nouveau défi de l’ANYMA, c’est la création d’un centre social dédié aux patients hospitalisés pour des pathologies de longue durée mais curables si elles sont soignées, ainsi qu’aux familles qui les accompagnent.

Cf. chapitre consacré à ce projet.